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Il y a bien longtemps, Aynur n'était encore qu'une petite fille haute comme une jeune pousse de vigne. Elle a…

Il y a bien longtemps, Aynur n'était encore qu'une petite fille haute comme une jeune pousse de vigne. Elle adorait se faufiler à l'entrée du vignoble voisin quand son père ne regardait pas, cligner ses grands yeux ronds et demander doucement : "Tante... les raisins sentent si bon... pourriez-vous m'en donner un à goûter ?" Ce stratagème fonctionnait à chaque fois. Aynur obtenait toujours un gros raisin bien sucré. Mais chaque fois que son père la surprenait, elle se faisait gronder. Les voisins le raisonnaient : "Ah, quel mal y a-t-il à perdre un raisin ? La petite Aynur nous tapote les épaules et nous frotte les jambes, on planterait bien deux vignes supplémentaires rien que pour lui faire plaisir !" Mais son père fronçait les sourcils : les raisins étaient la subsistance des familles de fermiers, pas des friandises. Comment pouvait-elle en demander ainsi à autrui ? "Si tu en as vraiment envie... ne peux-tu pas manger nos propres raisins ? Ceux que ton père cultive ne sont-ils pas assez sucrés ?" "Ce n'est pas ça !" protestait Aynur dans un murmure. Les raisins de son père étaient les meilleurs. Mais... mais son père et son frère veillaient les vignes toute la nuit pour faire du vin, et chaque fois qu'elle voyait leurs raisins, elle les imaginait empreints de sueur, très amers. En entendant cela, son père ne pouvait que soupirer, s'excuser auprès de tous et ramener silencieusement Aynur à la maison. Le lendemain, Aynur se frotta les yeux et ouvrit la fenêtre pour découvrir une jeune vigne fraîchement transplantée devant leur porte ! C'était une vigne plantée rien que pour elle, pas pour faire du vin. Dès lors, chaque soir avant de se coucher, Aynur comptait les raisins sur la vigne, calculant combien pourraient mûrir d'ici le matin. S'il y en avait un, elle le mangerait ; deux, elle en partagerait un avec son frère ; trois... quatre... alors père, frère et Aynur en auraient chacun un, et elle en enterrerait un pour sa mère ! C'était une douceur réservée à la famille. Cette petite vigne près de la porte, où est-elle passée ensuite ? Plus tard, elle a disparu.

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